Quels leviers les professionnels de la logistique urbaine mobilisent-ils pour faire reconnaître leurs intérêts auprès des pouvoirs publics locaux ?
FAQ• Acteurs
• Enjeux
Les formes et les canaux au travers desquels les acteurs économiques de la logistique urbaine font valoir leurs intérêts et spécificités sont divers. Dans les territoires, le rôle des organisations professionnelles est prépondérant pour représenter chaque filière. Mais selon les sujets et les territoires, la forme de cette représentation varie.
Les acteurs économiques de la logistique urbaine recouvrent une très grande diversité de métiers et de filières économiques. Ils font valoir leurs intérêts moyennant leurs représentants, les organisations professionnelles, les associations professionnelles et les chambres consulaires, mais aussi au travers de nombreux canaux et formes d’échanges.
AU TRAVERS DES ORGANISATIONS PROFESSIONNELLES représentent et défendent les intérêts des entreprises adhérentes d’un même secteur d’activité. Celles qui sont reconnues comme représentatives par la direction générale du Travail sont habilitées à négocier les accords collectifs SECTORIELLES
La représentation des acteurs économiques concernés par la logistique urbaine auprès des pouvoirs publics locaux est stratégique sur un très grand nombre de sujets.
Parmi les principaux sujets, on retrouve : l’accès aux centres-villes, les réglementations sur la qualité de l’air, la disponibilité des aires de livraison, le développement d’infrastructures d’avitaillement, y compris en énergies alternatives, les aides au financement de véhicules moins polluants et émissifs de GES gaz à effet de serre. Les émissions de GES dont il est question sont des gaz issus des activités humaines, qui ont un impact négatif en matière de réchauffement climatique. Le principal GES est le dioxyde de carbone (CO2) : 90 % des émissions de GES provenant des véhicules de transport de marchandises roulant au gazole sont des émissions de CO2 (source : base carbone). Il existe cependant d’autres types de GES., ou encore la manière de les associer avant des projets d’aménagement et de grands chantiers urbains.
Dans des territoires urbains denses à fort enjeu, les acteurs économiques sont pour la plupart représentés par les organisations professionnelles sectorielles dont ils sont adhérents, comme l’illustre le visuel ci-dessous.
Cette représentation est essentielle pour faire valoir leurs intérêts mais aussi leurs spécificités et problématiques concrètes à l’échelle de la filière.
A plus petite échelle, ou dans des territoires moins densément peuplés, il n’y a pas forcément de représentant local de ces fédérations sectorielles. La représentation des intérêts économiques prend alors diverses formes et le rôle des chambres consulaires territoriales et des organisations interprofessionnelles peut s’avérer plus important.
LORS D’INSTANCES DE DIALOGUE SUR DES SUJETS PRÉCIS
A toutes les échelles urbaines, de façon plus ou moins ponctuelle et sur des sujets précis, sous forme d’échanges bilatéraux comme multilatéraux, des entreprises entrent en dialogue direct avec les pouvoirs publics. Un exemple très fréquent est celui d’entreprises du e-commerce qui sollicitent les pouvoirs publics locaux afin que des solutions de points de livraison hors domicile soient implantées sur l’espace public.
GRÂCE À DES DISPOSITIFS JURIDICO-ADMINISTRATIFS
Des cadres légaux permettent aussi aux acteurs de la logistique urbaine de faire valoir leurs spécificités, besoins et intérêts. Nous les retrouvons par exemple sous la forme de conventions partenariales ou au travers des marchés publics.
Par exemple, des partenariats existent entre des communes et des acteurs de la livraison de colis pour développer les points de livraison hors domicile ou pour développer la livraison silencieuse en horaires décalés. Un autre exemple est celui de l’approvisionnement d’établissements publics administratifs ou de la restauration collective en modes doux (tels que la cyclologistique) ou décarbonés (mode fluvial, véhicule électrique).
MOYENNANT LES CTLUD : COMITES TECHNIQUES DE LOGISTIQUE URBAINE DURABLE
Il existe deux Comités Techniques de Liaison sur la logistique urbaine durable, un qui regroupe les acteurs économiques (CTLUD AE) et l’autre qui rassemble des acteurs publics (CTLUD AP).
Chaque CTLUD a pour mission d’accompagner les acteurs privés et les acteurs publics pour accroitre l’efficience des logistiques urbaines dans leurs dimensions économique, environnementale et sociétale. Chacun est porteur de la parole des principaux secteurs d’activité du transport de marchandises en ville, le CTLUD remplit ainsi une mission de vigilance et agit en tant que force de propositions pour contribuer à l’élaboration au niveau national du cadre général dans lequel les politiques locales de logistique urbaine doivent s’insérer.
En 2025, le CTLUD AE a produit plusieurs livrables :
POUR ALLER PLUS LOIN : LA MÉTHODE INTERLUD+
De 2020 à 2026, d’abord sous InTerLUD puis sous InTerLUD+, plus de 70 intercommunalités auront mis en place des chartes de logistique urbaine durable en concertation avec les acteurs économiques de la logistique urbaine. Cette méthode territoriale, basée sur la co-construction de plans d’actions autour de sujets communs, consiste à intégrer systématiquement les parties concernées pour trouver les meilleures solutions et façons de faire. A terme, elle a pour objectif de mettre en place une gouvernance locale public-privé qui soit un cadre de dialogue rassemblant toutes les parties prenantes de la logistique urbaine du territoire.