Qu’est-ce que la logistique fluviale urbaine ?
FAQ• Acteurs
• Enjeux
La logistique fluviale urbaine : un levier local pour une mobilité plus verte et plus fluide.
La logistique urbaine fluviale (LUF) désigne l’utilisation des voies navigables (fleuves, canaux) pour acheminer des marchandises directement dans les zones urbaines, en s’appuyant sur des bateaux de petit gabarit adaptés à l’environnement urbain. Contrairement à la logistique fluviale « grand fret », qui s’inscrit dans une chaîne de transport continentale ou mondiale et transite souvent par des ports maritimes, la LUF se distingue par :
Son périmètre d’action localisé : elle cible les centres-villes et leurs abords immédiats.
Des filières spécifiques concernées : livraison de proximité, évacuation de déchets, approvisionnement de chantiers urbains, etc.
Ses équipements adaptés : bateaux compacts, infrastructures légères, quais urbains.
Sa dimension foncière : elle intègre des fonctions logistiques en bord à voie d’eau comme la préparation de commandes, la manutention ou la rupture de charge.
Le recours à la voie d’eau pour des activités propres à la logistique urbaine s’inscrit dans une logique de durabilité, en mobilisant un réseau fluvial souvent sous-exploité, mais capable d’absorber une part significative des flux logistiques, notamment pour :
La livraison de colis ou de palettes depuis des ports urbains ou plateformes multimodales,
L’approvisionnement de chantiers (matériaux, déblais),
Ou encore la distribution de biens de consommation.
Elle constitue ainsi une alternative au transport routier, contribuant à désengorger les centres-villes, à réduire les nuisances (bruit, pollution) et à limiter les émissions de CO₂.
La logistique fluviale urbaine repose sur des aménagements bord à voie d’eau et une organisation entre acteurs spécifiques : elle nécessite des infrastructures adaptées (quais, terminaux, hubs de transbordement), une coordination entre acteurs publics et privés, et une planification territoriale intégrant pleinement cette modalité.
Bien que son développement reste encore limité, notamment pour le défi du passage à l’échelle en termes de masse transportée, elle bénéficie aujourd’hui d’un cadre favorable, notamment grâce à la loi d’orientation des mobilités (LOM) Loi d’Orientation des mobilités. Loi de 2019 qui durcit le cadre réglementaire des collectivités visant à réduire les émissions de polluants. , qui encourage la création de schémas de desserte fluviale à l’échelle locale ou régionale.
LES PRINCIPALES PARTIES PRENANTES
Le développement de la logistique fluviale repose sur une gouvernance partenariale :
Voies Navigables de France (VNF) est l’acteur central. En tant que gestionnaire du réseau fluvial national, VNF joue plusieurs rôles : aménagement des infrastructures, accompagnement des projets logistiques, soutien financier via des dispositifs comme le Plan d’Aide au Report Modal (PARM) ou le Plan d’Aide à la Modernisation et à l’Innovation (PAMI).
Les collectivités territoriales (communes, métropoles, établissement public de coopération intercommunale (EPCI)) sont également très impliquées. Elles peuvent :
Réserver du foncier en bord à voie d’eau dans leur PLU
plan local d’urbanisme intercommunal. Principal document de planification de l’urbanisme. Ce document stratégique intègre la réglementation en matière d’occupation des sols et dessine le projet d’aménagement du territoire dans un souci de respect du développement durable.,Lancer des appels à projets ou à manifestation d’intérêt,
Intégrer le fluvial dans leurs schémas de desserte ou dans les appels d’offres publics
Les délégataires privés assurent la gestion opérationnelle des quais et des barges.
Les ports fluviaux (comme HAROPA Port), également appelés “ports intérieurs”, jouent un rôle d’interface entre les flux massifiés et les réseaux urbains, en mettant à disposition des infrastructures adaptées.
L’info en plus : Quelques chiffres clés du fret fluvial en France (2023)
43,4 millions de tonnes de marchandises ont été transportées par voie fluviale, soit l’équivalent de 2 170 000 camions retirés de la route
Cela a permis d’éviter l’émission de 390 000 tonnes de CO₂ dans l’atmosphère
L’activité fluviale urbaine a été multipliée par 2,2 en 5 ans, montrant une dynamique forte malgré un contexte économique difficile