Etude du besoin en avitaillement des professionnels du transport et de la logistique

3 objectifs : comprendre les besoins en avitaillement actuels et à venir des acteurs publics et privés ; compléter le Schéma directeur énergétique métropolitain et le futur Schéma IRVE ; modéliser et extrapoler les besoins d’avitaillement à l’échelle du territoire métropolitain.
25.08.2026 / logistique-urbaine-durable / Ile de France

Quelle est l'innovation portée par le projet ?

La Métropole du Grand Paris a souhaité lancer une étude qui poursuit 3 objectifs :

  • comprendre les besoins en avitaillement actuels et à venir des acteurs publics et privés dans un contexte d’évolution rapide du parc de véhicules et de mise en conformité avec les prochaines étapes de la ZFE ;
  • compléter le Schéma directeur énergétique métropolitain et plus particulièrement le futur Schéma des infrastructures de recharge pour véhicules électriques (IRVE) en apportant des éléments sur l’accès à l’énergie sur le territoire métropolitain pour les logisticiens, et étudier les possibilités de stations publiques ou privées multi-énergies nécessaires dans un cadre de transition énergétique ;
  • à partir des résultats obtenus pour les 4 parcs d’activité étudiés et pour les acteurs économiques, modéliser et extrapoler les besoins d’avitaillement à l’échelle du territoire métropolitain.

Elle vise à répondre aux préoccupations de logisticiens prêts à faire évoluer leurs flottes de véhicules mais qui, faute de place sur l’emprise de leur entrepôt, envisagent de déménager plus loin de leur zone de chalandise (Paris intramuros), pour aller en dehors de l’A86, afin d’avoir plus de place pour installer des bornes de recharge.

A terme, l’implantation de stations d’avitaillement devra répondre à l’enjeu de maintenir les activités logistiques au sein de la Métropole du Grand Paris, et intra A86. 

 

Enjeu de périmètre et de cadrage de l’étude :

Compte tenu de l’importance des zones logistiques sur la Métropole, et pour des raisons budgétaires et de moyens humains, nous avons décidé de travailler sur un échantillon de 4 «parcs» logistiques de la Métropole du Grand Paris, pour cadrer notre étude. Nous avons choisi des parcs logistiques différents par nature, avec des gestionnaires de parc ou non, avec une enceinte fermée ou non, de superficies différentes, etc.

Elle se décomposait en plusieurs étapes :

  • étape 1 - benchmark
  • étape 2 - diagnostic de l’organisation actuelle
  • étape 3 - perspectives et besoins des professionnels
  • étape 4 - mutualisation avec les besoins des communes
  • étape 5 - extrapolation des résultats

L’étude s’est déroulée sur presque 24 mois.

 

Résultats

Les données collectées nous ont permis de mener à bien la modélisation et de quantifier le besoin en puissance et en bornes et stations d’avitaillement pour chaque parc étudié, avec une extrapolation à l’échelle de chacun des établissements publics territoriaux (EPT).

Pour chacun des EPT qui composent la Métropole du Grand Paris, une monographie sur les besoins à horizon 2030 a été produite, par territoire.

Année de mise en oeuvre : 2025

Porteur du projet

Collectivité

Métropole du Grand Paris

https://www.metropolegrandparis.fr

Métropole du Grand Paris

17 avenue Pierre Mendès France
75013 Paris

+33 (0)1.83.81.25.07

https://www.metropolegrandparis.fr

martine.vazquez@metropolegrandparis.fr

Comment le projet fonctionne t-il ? +

Méthodologie :

  • étape 1 - benchmark des stratégies mises en œuvre par les métropoles et régions étudiées, pour dégager les axes spécifiques qui structurent leurs approches : les territoires sélectionnés présentent des similitudes stratégiques avec la Métropole du Grand Paris, notamment en densité logistique et enjeux liés à la décarbonation du transport routier de marchandises.
  • étape 2 - diagnostic de l’organisation actuelle par entretiens semi-directifs, comptages, questionnaire en ligne et enquête de terrain. Cette étape a nécessité beaucoup de moyens humains pour se doter des données permettant de réaliser la suite de l’étude.
  • étape 3 - perspectives et besoins des professionnels : modélisation des besoins à partir du traitement des données cartographiques, statistiques, … récoltées.
  • étape 4 - mutualisation avec les besoins des communes : entretiens avec les communes concernées par les parcs logistiques et les communes limitrophes, pour étudier la possible mutualisation de bornes de recharge (dédiées aux flottes des collectivités à mutualiser avec celles de professionnels).
  • étape 5 - extrapolation : travail statistique et cartographique pour quantifier la puissance à installer par territoire, en réponse aux besoins des professionnels à horizon 2030, en prenant en compte leurs conversion de flottes de véhicules.

 

Dans le détail, l’étape 2 s’est composée de plusieurs enquêtes et comptages :

  • Entretiens visio semi-directifs – gestionnaires des parcs logistiques, entreprises des zones logistiques, énergéticiens, syndicats d’énergie.
  • Comptage routier des flux entrants et sortants - positionnement de caméras « floues », comptabilisation du gabarit des véhicules aux entrées et sorties des zones ; comptage réalisé par un prestataire spécialiste co-traitant.
  • Enquête à diffusion large – questionnaire en ligne – auprès de plusieurs acteurs économiques, entreprises de transport et de logistique, afin de recueillir le maximum d’informations sur leurs flottes de véhicules et leur stratégie de renouvellement
  • Enquête terrain – chauffeurs routiers aux entrées et sorties des parcs logistiques, entre 05h et 09h, pour connaître la provenance et la destination du véhicule et des marchandises, la motorisation du véhicule, leurs lieux de ravitaillement etc. ; enquête menée par une junior entreprise d’une école d’ingénieur.

 

Nous avons réussi à quantifier un besoin de puissance (en MWh annuel pour les bornes électriques, et en tonnes annuel pour les stations GNV), à horizon 2030, à atteindre sur chaque EPT de la Métropole du Grand Paris, en convertissant ces puissances en nombre de bornes et de stations. Cela donne une estimation pour les territoires du nombre de bornes et stations à accueillir, et donc du foncier à sanctuariser.

Le déploiement de solutions d’avitaillement peut se faire à différents endroits :

  • parkings des emprises privées des entrepôts,
  • abords des zones logistiques, espaces de voirie publique et privée
  • en bords de route publics, à des lieux propices pour la recharge.

Quels sont les usages concernés par le projet ? +

Les publics cibles :

  • Parcs logistiques, zones d’activité et entreprises occupantes d’entrepôts (par exemple le Port de Gennevilliers qui a un gestionnaire unique, Haropa Port). L’étude leur donne accès à des éléments de connaissance et de compréhension sur leur parc logistique. Ils ont tous bien accueilli cette étude car ils attendent de la puissance publique un rôle de coordination, pour sanctuariser du foncier, et pour mutualiser entre acteurs économiques les bornes de recharge et stations d’avitaillement.
  • Collectivités (EPT , communes) : elles peuvent insérer ces enjeux dans leurs documents stratégiques (par exemple : Plan climat), dans leurs stratégies foncières ou dans leurs PLUi pour sanctuariser du foncier, réfléchir à des solutions d’avitaillement avec les syndicats d’énergie etc.
  • Energéticiens : ils ont pu nous faire passer des messages pour une bonne prise en compte de leurs besoins.

Quels sont les clefs de réussites et leviers facilitateurs du projet ? +

Compétences nécessaires : 

Nous nous sommes munis d’une Assistance à Maîtrise d’Ouvrage, composée de plusieurs cabinets d’études et de conseil. Nos AMO combinaient plusieurs expertises, et étaient prêtes à rassembler de la donnée en se confrontant au terrain : enquêtes terrain à la volée auprès de chauffeurs routiers, comptages par caméras, etc. Les AMO étaient aussi expertes des sujets avitaillement, avaient déjà travaillé pour le compte d’autres collectivités, et étaient déjà intervenues sur des zones logistiques et parcs d’activité, etc. Un juriste était également présent dans le consortium, ce qui était intéressant pour mettre à plat les compétences relevant des collectivités, ou des syndicats d’énergie, etc.

Autres facteurs de réussite :

  • Se munir de moyens humains suffisants pour récolter de la donnée afin de travailler sur une modélisation la plus réaliste possible
  • Réaliser beaucoup d’entretiens semi-directifs pour connaître les différentes problématiques des acteurs économiques / entreprises (foncier, changement de flotte, etc)
  • S’entretenir avec des énergéticiens pour intégrer leurs contraintes et opportunités spécifiques

 

Les freins :

  • Projet de très long terme avec comme objectif final la: sanctuarisation de foncier, très lente à mettre en œuvre avec les différents acteurs et différentes collectivités (sujets énergie, planification, foncier, acteurs économiques…)
  • Enjeu de puissance énergétique disponible sur le territoire

 

Leviers et perspectives : les futurs travaux pourraient cibler :

  • une stratégie à définir de diffusion des résultats auprès des acteurs publics et privés pour engager une dynamique de concertation et une appropriation du sujet ;
  • le montage de groupes de concertation par zone d’activité, pour que les logisticiens échangent sur une possible mutualisation d’espace ;
  • la mutualisation d’espaces au sein des zones d’activités pour installer des bornes de recharge ;

la sanctuarisation de foncier pour les logisticiens dans les zones d’activités et zones logistiques.

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