Déploiement de ColisActiv’

Le programme CEE ColisActiv’ vise à réduire le coût de la livraison active de colis (marche et vélo) afin de la rendre compétitive par rapport aux livraisons en véhicules thermiques. 
01.08.2022 / Logistique Urbaine / pays-la-loire

Quelle est l'innovation portée par le projet ?

Angers Loire Métropole a fait partie des premiers territoires à avoir déployé le programme CEE ColisActiv’.

Année de mise en oeuvre : 2020

Porteur du projet

Renseignement indisponible

Comment le projet fonctionne t-il ? +

La livraison à vélo ou à pied est en développement depuis quelques années. Cependant, cette logistique « active » est, dans un premier temps, souvent plus onéreuse que la livraison en véhicules thermiques, notamment avec la gestion d’un entrepôt urbain et d’une rupture de charge supplémentaire. Le programme CEE ColisActiv’ propose de verser une prime par livraison de colis, afin de compenser cette différence de prix pour les chargeurs et clients, et ainsi participer au développement économique des acteurs de la livraison active du dernier kilomètre.


Angers Loire Métropole fait partie des quatre territoires pilotes sélectionnés en 2020 pour expérimenter le programme ColisActiv’, aux côtés de la Communauté urbaine Grand Reims, l’Établissement public territorial Paris Est Marne et Bois et le Syndicat Mixte des Mobilités de l’aire Grenobloise.


Le programme lançait un nouvel appel à candidatures fin 2021, les territoires retenus sont les métropoles de Lyon, Cergy Pontoise et Rouen. Le programme reste ouvert à tous les territoires concernés par la mise en place d’une ZFE.


Une subvention dégressive est versée durant trois ans aux entreprises de livraison du dernier kilomètre, pour chaque colis livré par mode actif. Cette subvention est, au moins pour moitié, impactée sur la facture des donneurs d’ordres (transporteurs/chargeurs) pour les inciter à reporter un flux plus important de colis vers ces modes plus écologiques.


Porté par SOFUB, joint-venture de Sonergia, spécialiste en économie d’énergie, et la FUB, association référente en mobilité active, ColisActiv’ allie un algorithme d’analyse des données de livraison et une éco-blockchain, qui permettent à la fois de certifier les modes de déplacement et de cartographier les flux. Près de 240 000 colis ont été livrés via ColisActiv’ entre mars 2021 et mars 2022 par K’livéo, Rouelibreenmaine et Altern’Transport, pour un montant de prime de 136 500€, soit une prime moyenne de 0,57€ par colis. Le développement de la cyclologistique permet de réduire les émissions de particules fines et de GES, et de diminuant la congestion urbaine. Il permet également de réduire les nuisances sonores.


Quels sont les usages concernés par le projet ? +

Les transporteurs et chargeurs nationaux sont incités à confier davantage de colis à la cyclologistique grâce à la réduction du coût permis par le programme. Les entreprises de cyclologistique peuvent ainsi développer leur activité.


L’objectif du programme est de faire diminuer le nombre de livraisons en véhicules thermiques et ainsi contribuer à la qualité de l’air pour les habitants des centres-villes, bénéficiaires finaux du programme.


Quels sont les clefs de réussites et leviers facilitateurs du projet ? +

Le contexte idéal pour le déploiement du programme ColisActiv’ est :



  • Un territoire ayant plus de 150 000 habitants en zone géographique continue de densité supérieure à 2 200 habitants/km².

  • Une infrastructure cyclable déjà un peu développée, et si possible la possibilité d’aider les entreprises de cyclologistique en mettant à disposition hangar, entrepôt ou parking pouvant permettre de dispatcher les tournées en ville.

  • Si possible que des entreprises cyclologistiques soient déjà implantées pour que le programme décolle plus rapidement.

  • Si possible, une volonté politique de restreindre l’accès au centre-ville à certains véhicules thermiques (par le biais d’une réglementation ou de la mise en place d’une Zone à Faibles Émissions mobilité).

  • Enfin, le support financier de la collectivité est requis, car elle contribue à hauteur de 35% de la prime (pour 65% financé par les CEE du programme) en année 2 et 3 du programme.


Les facteurs de réussite sont :



  • un dialogue avec les transporteurs locaux et nationaux pour les inciter à passer par la cyclologistique

  • un appui de la collectivité pour l’implantation de prestataires de logistique à pied ou à vélo

  • des aménagements urbains favorisant la marche ou le vélo : pistes cyclables, espaces logistiques urbains, aires de livraison…

  • une réglementation favorisant les livraisons en véhicules non thermiques : zones à trafic limité, restrictions horaires, …


Les freins à l’implémentation du programme sont :



  • Les transporteurs doivent s’adapter à l’organisation différente des cyclologisticiens, notamment par le dépôt de leurs marchandises à l’entrepôt du sous-traitant (et non un enlèvement par celui-ci) ;

  • Certains cyclo-logisticiens craignent que le programme ColisActiv’ ne créé une dépendance à la prime et que les transporteurs clients ne sous-traitent plus leur flux lors de l’arrêt de la prime ;

  • Potentiel frein technologique pour les cyclologisticiens qui doivent transmettre les données nécessaires au calcul de la prime et à la vérification qu’ils sont bien en vélo. Il arrive que ces données soient transmises directement par leur client dont ils utilisent le TMS.


Leviers pour dépasser ces freins :



  • En complément de le l’équipe ColisActiv’ et des cyclologisticiens, il serait très impactant que la collectivité échange directement avec les donneurs d’ordre nationaux afin que ceux-ci s’impliquent davantage en confiant plus de flux à la cyclologistique, et acceptent, le cas échéant, d’utiliser ou de connecter leur TMS (Transport Management Système) à la plateforme ColisActiv’.

  • En complément, le programme recommande des solutions de géolocalisation déjà connectées avec la plateforme pour collecter les données nécessaires au versement des primes.

  • Grâce à la dégressivité de la prime dans le temps, et en fonction de la densité des tournées de livraison, le programme s’adapte à l’activité des cyclologisticiens et permet d’éviter une dépendance économique. Les cyclologisticiens réfléchissent d’ailleurs à comment augmenter leur périmètre géographique d’action afin de gagner des marchés ;

  • Enfin, une réglementation contraignante pour l’accès au centre-ville, favoriserait grandement les modes actifs et donc l’impact du programme sur la cyclologistique : horaires restreints pour les livraisons en véhicules thermiques, restrictions de tonnage, ou même instauration d’une Zone à Trafic Limité ou une Zone à Faibles Émissions mobilité.


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